Vente illicite de médicaments : une tolérance coupable

L’Institut national de recherche en santé publique (INRSP) a abrité, hier, l’atelier de restitution du rapport d’étude sur la vente illicite des médicaments et l’automédication de l’Association des consommateurs du Mali (ASCOMA).

La cérémonie s’est déroulée en présence du représentant du ministre du Commerce et de la Concurrence, Boukadary Doumbia, de la présidente de l’ASCOMA, Mme Coulibaly Salimata Diarra, et du représentant du directeur de la Pharmacie et du médicament, Dr Amadou Bayogo. Etaient aussi présents le président du Conseil national de la société civile, Boureima Allaye Touré, et de nombreux invités.

La présidente de l’ASCOMA a témoigné de sa gratitude aux organisations partenaires et structures étatiques pour leur accompagnement. Pour elle, les suggestions et recommandations permettront d’engager des actions susceptibles d’inverser la tendance, sinon de réduire significativement les méfaits des médicaments de la rue et de l’automédication dans notre pays.

Selon un document remis à la presse, dans notre pays, une bonne partie de la population pratique l’automédication, alimentée par la vente illicite de médicaments. Ce constat est vraiment pertinent sur un phénomène qui prend des proportions dramatiques. Il urge d’intensifier les actions de sensibilisation des potentiels consommateurs de médicaments de la rue qui comportent des risques réels.  Mais le débat reste ouvert sur  les motivations réelles de l’automédication dans notre pays et une interrogation demeure. Est-ce parce que, comme le dit l’adage : « Il vaut mieux aller au boulanger qu’au médecin » (autrement dit le médicament coûte plus cher que la nourriture)  que les malades sont plus enclins à recourir aux médicaments de la rue ?

Aujourd’hui, la vente illicite de médicaments a atteint des proportions inquiétantes dans le pays et concerne toutes les localités du pays, tant urbaines que rurales. Le rapport d’étude sur la vente illicite des médicaments et l’automédication au Mali révèle qu’il y a une recrudescence de la pratique et une tolérance dont elle bénéficie de la part des autorités compétentes. A ce propos, l’Association des consommateurs du Mali, soucieuse de la promotion du droit à des soins de santé de qualité et de la préservation du bien-être des populations, entend renforcer ses actions d’accompagnement des autorités dans la croisade contre la vente illicite des médicaments et son corollaire, l’automédication.

Le rapport qui décline les conclusions de l’étude menée par l’ASCOMA dans le cadre de cette campagne, s’articule autour de certains objectifs. Il s’agissait de faire l’état des lieux de la vente illicite des médicaments et de l’automédication au Mali, de mettre en exergue les causes et conséquences du phénomène et d’identifier les différents groupes cibles qui en sont victimes.  Il faut aussi évaluer les mesures législatives et règlementaires relatives à la vente illicite des médicaments et leurs effets. Le but visé par l’ASCOMA est de trouver une solution durable à ce phénomène mondial qui altère la santé et le bien-être des populations, déjà vulnérables.

L’étude en question a eu comme périmètre d’exécution le District de Bamako.

Les principaux résultats de l’étude s’articulent autour de plusieurs points, notamment les définitions des principaux concepts et des adeptes de la vente illicite des médicaments et de l’automédication et les motifs de la vente illicite des médicaments et de l’automédication. L’étude traite aussi des principaux types de médicaments concernés par la vente illicite et l’automédication, la clientèle et leurs marchés d’approvisionnement.

Le représentant du ministre du Commerce et de la Concurrence a salué la réalisation d’un tel document qui constitue un socle pour les critiques et travaux futurs.

Issa Baradian TRAORÉ

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