Mondoro : La stratégie des djihadistes pour asphyxier les habitants (Dogon)

Village assiégé, prise d’otages, vol de bétails, pose des mines…, les habitants de Mondoro mis sous le joug des djihadistes, depuis un certain temps, semblent être abandonnés par l’Etat et la communauté internationale. Mais, comment en est-on arrivé là ? Pourquoi ce village constitue, aujourd’hui, la cible des djihadistes ? Eléments de réponse.

Situé dans le cercle de Douentza, nord-est, à la frontière avec le Burkina Faso, Mondoro est une commune rurale abritant un camp militaire, lequel, présentement reste cloitré, malgré des actes de tueries constatés et l’interdiction aux habitants de sortir à plus d’un kilomètre.

A Mondoro, courant ce mois de décembre, un habitant parti à la recherche de son âne en brousse ne reviendra pas. Son corps sans vie est retrouvé sur une route à environ trois (3) kilomètres du village. Vendredi 20 décembre dernier,  deux femmes avec deux enfants sur une charrette en partance pour Kikoly (hameau agricole) montent sur une mine, déposée sur leur passage. Les deux femmes ne survivront pas, mais les enfants blessés.

Une semaine plutôt, ce sont les ânes, les moutons, les vaches…, partis au pâturage qui ne sont plus revenus. L’ultimatum lancé aux villageois est plus qu’une réalité.

Joint au téléphone un enseignant, sur place, explique que tout est parti lorsque le camp militaire dans le village, après avoir été alerté, a mené une opération contre les djihadistes à Ovangou (hameau peulh, situé à moins de cinq (5) kilomètres du village), en novembre dernier. Au cours de cette opération une dizaine de djihadistes, selon l’Armée, ont été neutralisés.

Le lendemain, une audio sonore est mise en ligne par les djihadistes pour responsabiliser ces pertes des leurs aux habitants de Mondoro qui auraient donné des informations sur eux aux forces armées. Dans l’audio sonore, il était question de faire payer casse les habitants de Mondoro.

Face à la mise en application de telle décision, de nombreux habitants ne comprennent plus l’inaction des forces armées dans le village, lesquelles sont censées protéger et sécuriser les populations dans cette situation difficile.

« Ils sont visibles, à moins de deux (2) kilomètres, aux quatre coins du village. Ils tuent tout celui qui s’hasarde de sortir et empêchent l’entrée dans le village. Ils veulent provoquer la pénurie des produits de première nécessité », indique un habitant qui regrette du fait que les forces armées en présence ne se lèvent pas pour les combattre. Selon lui, ils seraient en train de se préparer et auraient obtenu le soutien d’autres groupes au Burkina pour assiéger complètement le village et le camp.

Venues en soutien à l’armée malienne pour combattre les forces du mal qui terrorisent les populations, la force Barkhane et la Minusma sont invitées par les djihadistes dans la commune rurale de Mondoro. N’est-ce pas là, elles pourront justifier, une fois de plus, leurs présences, au Mali ?

Source : lexpressdumali.com

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