La justice malienne se réveille : Faut-il y croire ?

Critiquée pour son immobilisme, la justice malienne semble se réveiller avec ces arrestations des présumés détourneurs de fonds publics.  Mais, pour combien de temps ?

Le président de la Confédération des Sociétés Coopératives des Producteurs du Coton du Mali (CSCPC) et six de ses proches collaborateurs, le président du conseil régional de Kayes et ses  présumés complices,  le maire de Banguineda, le préfet de Kati, le maire du district de Bamako, croupissent tous en prison. De nombreux dossiers sensibles sont transmis au pôle économique et financier de Bamako pour suite à donner. Un vent de panique s’installe dans les rangs des fonctionnaires en charge de la gestion des deniers publics.

Ces nombreuses arrestations des cadres administratifs et politiques, présumés corrompus,  laissent voir une justice qui est en train de sortir de sa léthargie de façon brutale. Mais, est-ce qu’il faut croire en la justice ? Pourra-t-elle combler les attentes des maliens dans la lutte contre la corruption ? Rien n’est moins sûr.

Connue de tous et pratiquée, de simple citoyen au cadre de l’Etat, la corruption n’est pas un phénomène étranger. Plusieurs mécanismes de lutte contre le fléau ont été créés dans notre pays. Il y a l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI) et le Bureau du Vérificateur Général (BVG). Sans pour autant parvenir à réduire le mal qui ronge l’économie nationale.

L’arrivée du procureur Mamadou Kassogué à la tête du Tribunal de la Commune III du district, chargé du Pôle économique et financier, en juin 2019, enclenche une véritable chasse contre  les présumés corrompus de la République. Le coup d’envoi a été donné par l’arrestation du président de la Confédération des Sociétés Coopératives des Producteurs du Coton du Mali (CSCPC), le 13 septembre dernier, et deux jours après, six de ses proches collaborateurs l’ont regagné à la maison d’arrêt centrale de Bamako. Avant que Bakary Togola soit transféré à Koulikoro. Dans cette affaire l’enfant de Koumatou et six de ses compagnons doivent justifier un montant d’environ 9 milliards de FCFA, versé comme ristourne aux producteurs des cotons par la CMDT.

En moins de deux semaines après l’affaire Bakary Togola, le président du conseil régional de Kayes, Bandiougou Diawara, et ses présumés complices, ont également été arrêtés, mis à la disposition de la justice pour détournement d’un montant d’environ 1 milliard de FCFA.

Gavés de l’argent public

Le 17 octobre 2019, le maire de Banguineda, Salia Diarra, et le sous-préfet de Kati, venaient d’être placés sous mandat de dépôt pour une présumée malversation  portant sur 197 millions de FCFA. Ne laissant aucune place à ces hommes qui se sont longtemps gavés de l’argent public, le Procureur du pôle économique et financier près du tribunal de la Commune III ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Lundi 21 octobre, c’était le tour du maire du district de Bamako Adama Sangaré. L’édile de la capitale aux trois caïmans a été déféré en prison pour une malversation financière s’élevant à 500 millions de nos francs, utilisés dans les festivités du cinquantenaire en 2010.

A la tête de la mairie du district depuis plus d’une dizaine d’année, Adama Sangaré n’est pas à sa première arrestation pour malversation financière. Il a été prisonnier à Koulikoro avant d’être libéré.

Si certains observateurs estiment que ces différentes arrestations des présumés corrompus participent de la lutte contre la corruption, force est de reconnaitre que beaucoup sont sceptiques par rapport à sa finalité.

« On ne voit pas ce que apportent toutes ces arrestations à l’Etat dans la mesure où l’argent qui leur sont reprochés ne pourra jamais être versé au trésor », regrette un citoyen qui précise qu’ils pourront toujours avoir de prétexte pour se justifier et se tirer d’affaire.

Habi SANKORE

Source: lexpressdumali.com avec Le SOFT

 

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