Centre : Une attaque de Donzo fait deux morts et trois blessés à Wolon

Wolon, chef-lieu de la Commune rurale du même nom, dans l’arrondissement de Sy, cercle de San, a été attaqué samedi dernier par des Donzo du camp de Badialan. Le bilan fait état de deux morts et trois blessés.

En plus de menaces terroristes, la Commune rurale de Wolon fait face à une situation de conflit intercommunautaire. Le chef-lieu de la commune a été attaqué ce 1er décembre par des Donzo qui ont établi leur camp dans le Badialan, pour assurer la sécurité de leur localité.

“Les donso ont installé un camp dans le Badialan, une zone située entre la Commune rurale de Wolon, arrondissement de Sy, cercle de San et la commune de Nianzanari, cercle de Djenné. Selon les informations qu’on a recueillies, ceux qui ont attaqué Wolon viennent de ce camp de chasseurs. Les raisons invoquées seraient le refus des Donzo de Wolon d’adhérer à leur organisation d’autodéfense”, explique le maire de Wolon, Bayon N’daou.

Des personnalités prises en otage 

Lors de cette attaque, le 1er adjoint au maire et le chef des Donzo de Wolon (donsoba) ont été enlevés. Le choix de ces personnalités s’explique par leur position vis-à-vis de l’organisation d’autodéfense des Donzo. “Le chef de camp des Donzo m’a appelé au téléphone pour m’informer que la raison de l’enlèvement de mon adjoint s’explique par le fait qu’il nous a remis une convocation de la gendarmerie lors du conflit qui les a opposés aux populations de Miniangoni, un hameau peul de la Commune de Wolon”, ajoute la maire N’daou.

Pour libérer les otages, les ravisseurs ont demandé une rançon de 250 000 F CFA par personne. “Mon adjoint m’a appelé au téléphone en m’informant que ses ravisseurs demandent de payer 250 000 F CFA pour sa libération. Il m’a imploré de tout mettre en œuvre pour honorer la demande des ravisseurs. On a pu réunir la somme demandée le même jour et mon adjoint a été libéré vers le crépuscule. Comme l’élu municipal, le chef des Donzo de Wolon a été libéré au même prix le jour suivant (dimanche)”, précise l’édile.

Selon M. N’daou, après avoir enlevé ces deux personnalités, les assaillants sont revenus pour exproprier des habitants de leurs bœufs. Ils ont été confrontés à l’opposition des propriétaires. La situation a dégénéré, il y a eu coups de feu. Les deux parties s’accusent d’avoir tiré le premier. Une personne est morte sur le champ et l’un des quatre blessés a succombé par la suite. Les autres blessés sont admis à l’hôpital à San et à Ségou. Les blessés ainsi que les morts sont tous de Wolon.

A la suite de cette affaire, la gendarmerie de Saye, cercle de Macina, a envoyé des éléments pour rétablir la paix. Ceux-ci ont récupéré les rançons perçues pour la libération des deux otages et les ont remises au chef de village de Wolon. Mais après le passage des forces de sécurité et la restitution des rançons, le chef de camp des Donzo profère des menaces contre le 1er adjoint au maire.

 

L’absence des forces de sécurité

Face à cette situation d’imposition de la loi des Donzo dans la localité, les populations n’arrivent toujours pas à comprendre la passivité des autorités administratives et sécuritaires de l’arrondissement de Sy et de San.  Pour Djanguiné Diarra, promoteur de radio à Sy, ce qui se passe dans la Commune rurale de Wolon, arrondissement de Sy, dépasse tout entendement.  A ce jour, les populations ont l’impression qu’elles sont abandonnées par les autorités. Il n’y a aucun dispositif sécuritaire dans la localité malgré les multiples agressions constatées ces derniers mois.

Cette réaction des autorités sécuritaires locale est la preuve qu’elles se soucient peu de la sécurité des populations de la commune.  Si rien n’est fait, à ce rythme, les choses risquent de déborder un jour. Cet enfant du terroir s’indigne par le fait que les forces de sécurité ne se rendent dans leur localité que pour récupérer les impôts.

Sy est le seul arrondissement du cercle de San où le sous-préfet n’est pas en place. Après sa prise de fonction, il s’est installé à San avec sa famille, cela depuis plus de deux ans.

Youssouf Coulibaly

SourceL’Indicateur du Renouveau

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