Assistance alimentaire dans le Nord et au Centre : 4,3 millions de personnes dans le besoin

Le nouveau rapport d’OCHA Mali, publié le 28 janvier dernier, met en exergue l’alarmante situation alimentaire des populations dans les régions du nord et du centre, confrontées par les violences des groupes armés terroristes contre les forces armées nationale et internationale en charge de leur sécurité.

Les points saillants du nouveau rapport d’OCHA Mali sur la situation alimentaire dans notre pays, en ce début d’année 2020 dont état d’environ 4,3 millions de personnes ayant besoin d’assistance humanitaire en 2020. 1,1 million de personnes seront en insécurité alimentaire sévère durant la période de soudure (juin à août 2020).

L’accès humanitaire reste un défi dans certaines localités du centre et du nord du pays. À Ménaka, six ONG ont suspendu leurs activités depuis le 24 décembre à cause de la criminalité dans la ville, plus de 1 000 ménages fuyant les violences au Niger sont arrivés à Ménaka en janvier 2020.

Cet état de fait s’explique non seulement par les effets de l’insécurité dans les zones de conflits mais aussi par des inondations, des sécheresses et les urgences sanitaires qui ont affecté les civils tant au niveau de leur protection que de leur accès aux services sociaux de base, leur sécurité alimentaire et nutritionnelle, et leur capacité de résilience.

Selon les clusters, l’analyse des besoins cette année a atteint, « environ 4,3 millions de personnes dont 75 pour cent de femmes et d’enfants ont besoin d’assistance humanitaire dans le pays. Ce chiffre est en augmentation de 1,1 million de personnes par rapport à janvier 2019. Cette hausse se justifie par un surplus de personnes dans le besoin dans six secteurs sur sept en raison de la persistance des conflits dans le nord et de leur extension dans de nouvelles zones au centre du pays accroissant ainsi les besoins dans les secteurs des abris, de l’eau, l’hygiène et l’assainissement, de l’éducation, de la nutrition, de la protection et de la santé. Cependant, il est à préciser que dans le secteur de la sécurité alimentaire, l’évolution du nombre de personnes dans le besoin doit être comprise au niveau qualitatif (c’est-à-dire par rapport au nombre de personnes touchées par l’insécurité alimentaire sévère) ».

Toutefois, l’accès humanitaire reste complexe en raison de l’insécurité dans certaines localités au centre et au nord du pays et plus particulièrement dans les zones le long des frontières avec le Niger et le Burkina Faso (Liptako Gourma), précise le rapport.

Cependant, les principales contraintes d’accès sont dues aux hostilités entre les groupes armés, aux tensions inter-communautaires, à la présence d’engins explosifs improvisés et à la criminalité grandissante.

Face à cette situation, à Ménaka, plusieurs ONG internationales – ACTED, CRS, IEDA Relief, IRC, Médecins du Monde et NRC – ont suspendu leurs activités dans la région depuis le 24 décembre pour une durée indéterminée à cause de la répétition et de la gravité des braquages et cambriolages affectant aussi bien les organisations humanitaires que les habitants de la région.

« Il est impératif que des mesures immédiates soient prises par les parties prenantes locales et nationales pour mettre un terme à l’insécurité et assurer la protection des populations civiles y compris les travailleurs humanitaires. Si cette situation perdure, les conditions de vie d’environ 148 000 personnes (estimation de la population dans le besoin à Ménaka selon l’aperçu des besoins humanitaires de 2020) ayant besoin d’assistance d’urgence pourraient gravement se détériorer », indique le rapport.

1 000 ménages ayant fui les violences au Niger arrivés à Ménaka

Toujours dans le rapport, au total, 491 ménages nigériens (estimés à 1 972 personnes) et 517 ménages maliens (estimés à 2 681 personnes) sont arrivés, selon les premières estimations des autorités locales et des partenaires de monitoring de protection du HCR, dans le cercle d’Andéramboukane, région de Ménaka, à la suite d’attaques perpétrées dans deux villages de la région de Tillabéry au Niger les 9 et 16 janvier 2020. Cette population est composée à 31 pour cent de femmes et à 47 pour cent d’enfants. Il est à noter que de groupes de personnes continuent de traverser la frontière nigéro-malienne pour se réfugier au Mali. Ces nouveaux arrivants s’ajoutent aux 1 024 réfugiés nigériens arrivés et enregistrés en 2018 par la Commission nationale chargée des réfugiés du Mali avec l’appui du HCR.

Ousmane MORBA

Source: lexpressdumali.com avec L’Observatoire

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