Mahamadou K. Diarra, directeur par intérim du MFC : « On doit éviter les actes qui nuisent à l’environnement »

Mahamadou K. Diarra, directeur par intérim du MFC : « On doit éviter les actes qui nuisent à l’environnement »

Susciter des débats autour des questions environnementales, encourager les jeunes dans l’entreprenariat agricole, protéger l’environnement… Le directeur par intérim du Mali Folkecenter Nyetaa, Mahamadou Diarra,  répond à L’Observatoire en marge du Nyetaa Baro tenu à Selingué, le 22 juin dernier. Dans cet entretien, M. Diarra appelle tous à œuvrer dans le sens de la préservation de l’environnement. Selon lui, les emplois verts constituent des opportunités pour la jeunesse, notamment celle de Selingué. Interview.

L’Observatoire : Quel est l’objectif de Nyetaa Baro ?

Mahamadou Karamoko Diarra : Nyetaa Baro est un concept qui est né lors du forum environnemental national. Les participants ont fait une recommandation à Mali Folkecenter, étant entendu que le forum se tient chaque deux ans, ils ont demandé qu’au cours de l’année qu’il ait toujours des informations, des échanges autour de l’environnement. C’est à la suite de cette recommandation que le Mali Folkecenter a initié le « Nyetaa Baro », qui a pour objectif de sensibiliser la population, de susciter des débats autour des questions environnementales, mais aussi, proposer des solutions innovantes aux politiques et autres pour des questions liées à l’environnement.

Vous intervenez beaucoup pour tout ce qui concerne l’eau, l’environnement. Pourquoi cela ?

Le choix n’est pas gratuit parce que si on regarde l’accord de Paris, le monde est en train de changer de plus en plus avec l’agenda 20/30, basé sur les objectifs des ODD (Objectif de Développement Durable). Donc qui parle de développement durable veut dire qu’on doit faire quelque chose pour la génération future et tout acte qu’on pose, aujourd’hui, doit tenir compte de la génération future. Alors, on doit éviter les actes qui nuisent à l’environnement. C’est pour cela qu’on est en train de nous battre, lutter, faire des débats et susciter des questionnements autour de l’environnement pour que les générations futures puissent bénéficier d’un environnement sain.

Le thème de Nyetaa Baro à Selingué : ‘’les emplois verts et l’entreprenariat agricole, des opportunités pour la jeunesse de Sélingué’’, a regroupé des jeunes de tout âge de la localité. Est-ce une manière d’orienter ceux-ci vers ce domaine ?

Effectivement le choix n’est pas gratuit quand on regarde Sélingué. Il y a un intervenant qui a eu à le dire, les pesticides sont devenus des problèmes. Et qui sont en train presque de tuer le monde rural. Pour cela, il faut montrer aussi des alternatives aux gens. S’ils n’ont pas d’autres choses, ils vont utiliser les pesticides qui sont des produits nuisibles à l’environnement. Donc l’entreprenariat vert ou l’activité agro écologique c’est d’apporter des solutions qui ne nuisent pas trop à l’environnement. On a choisi Selingué, ici, pour amener la jeunesse à réfléchir, pour aussi l’orienter vers des opportunités qui peuvent leur permettre d’avoir de l’emploi, d’avoir des revenus et aussi de construire une vie meilleure.

Y a-t-il eu des jeunes, après avoir participé à Nyetaa Baro, qui se sont lancés dans l’entreprenariat agricole ?

Si ! On n’a pas mal eu de réactions après. C’est qu’on appelle aussi le suivi de nos activités que nous faisons à travers le groupe Whatsapp. Mais aussi à travers des témoignages. Souvent, il y a des gens qui nous donnent des témoignages sur ce que les débats ont suscité dans leur vie, non seulement sur le plan des informations, la manière de faire mais aussi du côté relationnel. Ce travail a permis de créer un réseau entre les jeunes, entre les entrepreneurs pour se donner des idées, pour se renforcer d’avantage et enfin de mener leur combat ensemble.

Le constat montre que certains jeunes sont complexés de s’identifier en ‘’paysan’’. Quel est votre message pour encourager ces derniers à pratiquer les emplois verts ?

Aujourd’hui, moi, je crois que comme on le dit, il n’y a pas de sous métier, il n’y a que des sottes personnes. Parce que les gens qui sont complexés vivent de l’agriculture. Le matin si tu ne manges pas quelque chose d’un agriculteur, à midi tu vas manger, ou bien la nuit ; donc celui qui doit avoir honte, selon moi, c’est celui qui mange le fruit du travail de quelqu’un qui se bat tous les jours dans l’agriculture. Aujourd’hui, il faut reconnaître que c’est notre société qui fait cela, mais de plus en plus on est en train d’aller vers des jeunes qui s’affirment et qui sont décomplexés, qui montrent réellement de bons exemples. Je profite aussi de l’occasion pour inviter notre société à aller vers une autre phase en considérant le « métier paysan  » comme des emplois durables qui peuvent nourrir son âme.

Propos recueillis par Ousmane Morba

Source : L’Observatoire

L’Express Du Mali