L’ALCOOLISME AU MALI : La consommation augmentation

L’ALCOOLISME AU MALI : La consommation augmentation

Cela fait déjà quelques années dans les villes comme dans les villages, nous remarquons de plus en plus une augmentation du nombre des consommateurs de boissons alcoolisées.

Auparavant, l’alcool était consommé par les vieux, mais depuis un certain temps ce sont les jeunes qui sont devenus champions dans le domaine. Compte tenu des conséquences désastreuses et de l’ampleur que prend la chose, notre rédaction a tenté de savoir la cause et l’avis de la population sur ce phénomène :

En 2015, la direction nationale du commerce et de la concurrence a enregistré la somme de 30101352472 de FCFA comme le montant des boissons alcoolisées implantées dans notre pays.

En 2016, le montant s’élevait à 4585823257 FCFA soit 9564 cartons de boissons alcoolisées importées des pays développés, ainsi que certains pays africains. Ces chiffres montrent qu’au Mali la consommation est en train de prendre une dimension importante.

A qui la faute ?

Les autorités avaient mis en place une stratégie afin de réduire l’importation des boissons alcoolisées au Mali. Ces stratégies étaient : l’interdiction d’importation des boissons alcoolisées avec un contenant en plastique, la fermeture des bras qui sont près des écoles ou établissements scolaires et des campagnes de sensibilisation au niveau des écoles. Mais ces mesures ont été inefficaces, car elles n’ont pas été respectées.

Selon Seydou Camara, imam à la mosquée de Titibougou, l’alcoolisme des jeunes est un manque d’éducation. « Un enfant bien éduqué ne va jamais se soûler dehors et chaque enfant dehors présente l’image de sa famille. Tous les enfants malfaiteurs sont musulmans, tu verras jamais un chrétien faire des bêtises pareilles, c’est ni la faute aux autorités, des enfants mais des parents. Eduquons bien nos enfants comme le recommande l’islam », a-t-il fait savoir.

Pour une jeune fille de 24 ans, copine d’un jeune issu d’une famille riche, ayant préféré garder l’anonymat, explique : « Depuis à l’âge de 18 ans, on est en relation jusqu’à maintenant, à chaque fois qu’on sortait ensemble, c’est lui qui achetait pour boire. Je refusais toujours d’en consommer, mais un jour j’ai eu la curiosité pour goûter, depuis ce jour jusqu’à maintenant, je peux plus m’en passer. Pour moi la cause est une mauvaise fréquentation ».

K. N’Diaye, 27ans, est une travailleuse du sexe : « Je suis venu au Mali chez la cousine de ma mère, quand j’avais 14 ans. Elle avait un salon de coiffure et vendait des habits, je travaillais pour elle, elle me traitait comme une esclave, je faisais tout pour elle. Un jour, je suis tombée malade, elle ne m’a pas soignée et en plus elle m’a frappée car j’ai pas effectué les travaux, malgré que je sois malade. Je me suis enfui de chez elle, après j’ai rencontré une autre sénégalaise dans le quartier qui était prostituée depuis ce jour jusqu’à maintenant. Je me suis retrouvée dedans car on a des clients qui exigent qu’on boive pour être chaud durant le travail. Petit à petit, j’ai commencé jusqu’à aujourd’hui. Pour moi, la cause est financière, car j’avais aucune ressource ».

Bandai Coulibaly, mécanicien 30ans, explique que c’est la pression familiale qui l’a poussé à devenir alcoolique. « Etant le premier garçon, mon père est chauffeur, ma mère ménagère, j’ai beaucoup de petites sœurs et frères. Je n’ai pas pu terminer l’école par manque de moyen, il fallait que je travaille à bas âge pour aider à la maison. J’avais trop de dépenses, trop de pressions, c’est l’alcool qui m’aide à oublier mes problèmes et soucis. Sinon j’allais devenir fou ou me suicider. Mon père dépense son argent au profit des petites filles dehors, toutes les charges de la famille me reviennent ».

Pour Docteur Diarra, les conséquences de l’alcoolisme sur la santé sont à long terme, peut être responsable de très nombreuses maladies comme les cancers (bouche, œsophage, gorge..), les maladies du foie (cirrhose) et du pancréas, maladies du système nerveux, des troubles psychiques (anxiété, dépression, irritabilité, troubles cardiovasculaires), etc.

Hatouma Traoré

Source : L’Observatoire

L’Express Du Mali