TIEMAN HUBERT COULIBALY : «L’élection présidentielle de 2018 ne doit pas être tributaire du retard dans la mise en œuvre de l’accord »

L’état de santé de son parti UDD, ses responsabilités en tant que chef de la diplomatie malienne, la présidence malienne au G5 Sahel, la mise en œuvre de l’accord d’Alger, les élections présidentielles de juillet prochain et les défections à la CMP sont les grands sujets décortiqués par le Ministre  Tiéman Hubert Coulibaly des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale dans l’émission ‘‘Invité politique’’ d’Africable-Télévision du dimanche 4 mars dernier.

 

« L’Union pour la Démocratie et le Développement se porte et s’implante bien, grâce au travail des équipes qui sillonnent le pays, pour atteindre l’objectif qu’il s’est assigné pour soutenir les actions du Président de la République », a indiqué le Ministre Tiéman Hubert Coulibaly, qui a déploré les événements de mars 2012, singulièrement « le coup d’Etat contre la République ». Un coup d’état militaire qui a été très « douloureux » pour le Peuple malien.

« Malgré que le FDR n’est pas moins un parti politique, il  s’est levé contre le coup d’Etat. Je me suis inscrit dans la conduite de la République, raison pour laquelle nous nous sommes opposés. Le FDR a arrêté les effets du coup d’Etat, il a accompli sa mission, le Président de l’Assemblée Nationale a été installé», s’est réjoui le Chef de la Diplomatie malienne, parlant de son militantisme au sein du FDR.

Un accord non caduc

A propos de l’Accord pour la paix et la Réconciliation nationale au Mali, le Ministre Coulibaly a fait savoir qu’il n’est pas en panne. En revanche, le « Mali a été performent. L’ensemble des acteurs impliqués dans sa mise en œuvre ont conscience de la profondeur de la crise que vit le pays et qu’il faut l’accélérer à travers le chronogramme établi à cet effet. Les accords pour la paix  est un cadre politique qui permet de tout régler. C’est notre ligne claire, il faut le mettre en œuvre », a martelé le Ministre Coulibaly.

Pour ce qui est de l’amalgame entretenu autour de la mise en œuvre de l’accord relativement aux élections présidentielles, par les détracteurs du régime en place, le Ministre Coulibaly n’est pas allé par quatre chemins : « Les élections relèvent de la Loi. Au-delà de l’Accord, les élections doivent avoir lieu. Une chose doit être claire : le Gouvernement n’entend pas s’inscrire dans une autre démarche que celle d’organiser les élections selon la Constitution. Nous ne pouvons pas accepter que les acquis retombent et que nous allions dans une situation d’exception. L’opposition a continué à participer au cadre de concertation, nous avons obligation de tenir les élections. Il n’y a pas d’ambiguïté, de démarches malicieuses sur les élections présidentielles. Il faut qu’elles soient inclusives. Les acteurs ont évoqué le souci, nous les avons écoutés. L’élection présidentielle de 2018 ne doit pas être tributaire du retard dans la mise en œuvre de l’accord», a-t-il expliqué.

En 2012, le Mali a été écorché par le Coup d’Etat dont l’effet immédiat a été sa suspension des instances internationales. Il fallait restaurer l’image du Mali. L’Homme providentiel du moment est Tiéman Hubert Coulibaly dont la perspicacité a permis de réussir la reprise de la Coopération avec les partenaires du Mali. Serval et MINUSMA étaient et sont là. L’accord préliminaire de Ouagadougou a permis l’élection présidentielle de  2013, un mandat a été donné au Chef de l’Etat, Son Excellence Ibrahim Boubacar Kéïta.

« Aujourd’hui, l’accord pour la paix et la réconciliation a été signé, il faut la mettre en œuvre », a réitéré le Ministre Coulibaly. Et d’ajouter que « la communauté internationale doit comprendre les subtilités de notre pays».

Nouvelle empreinte à la diplomatie malienne   

Pour celui qui détient aujourd’hui les clefs de la diplomatie malienne, après en avoir été l’artisan en 2012, le contexte de crise au Mali demeure le même, sauf que « les paramètres ont évolué ».

« La voix du Mali est entendue. Nous parlons partout où nous devons parler, nous le faisons sans faux, sans semblance. Nous sommes et devons rester équidistants avec nos partenaires », a informé le Ministre Coulibaly, apportant ainsi la lumière sur l’ambiguïté que semble créer les relations France-Algérie sur la question du Sahel.

Le cachet que le Ministre Coulibaly souhaite imprimer à la Diplomatie malienne est de « renforcer le contenu économique de l’action diplomatique et ne pas se limiter à la diplomatie ordinaire ». C’est ce qui justifie la visite du Président turc, « avec des annonces économiques fortes »et des actions sont en cours pour « obtenir les fonds d’Abu Dhabi ».

« Pendant que nous nous battons sur le plan sécuritaire, nous devons soutenir et renforcer le secteur économique, garantir l’électricité pour la fonction industrielle et renforcer le secteur agricole, notamment le coton. Le PIB est en croissance », a précisé Tiéman Hubert Coulibaly.

Bilan d’IBK au G5 Sahel

« La présidence du Mali à la tête du G5 Sahel est brillante. Nous avons permis le rayonnement politique et diplomatique de l’organisation ; les questions de développement ont été débattues à Bruxelles, des annonces de 414 millions d’euros pour l’opérationnalisation de la Force Conjointe ont été faites, des ressources militaires seront mises en œuvre, la présidence malienne a mobilisé les groupes de pays : la France, par exemple, pour soutenir le G5 Sahel », a, en substance, affirmé le Ministre des Affaire Etrangères et de la Coopération Internationale.

Monsieur Coulibaly a souhaité que les annonces faites soient mobilisées vite ; car, le G5 est sur « la bonne voie et il faut accélérer ». Néanmoins, il a indiqué que ce n’est pas facile de rendre opérationnelles les forces militaires des cinq pays d’autant plus qu’ « il y a des terrains politiques, culturels, et l’étendue des territoires qui s’imbriquent ».

Bilan d’IBK et présidentielles 2018

Sur la question relative à l’enseignement à tirer du Bilan d’IBK, à 4 mois de la fin de son quinquennat, le Ministre Tiéman estime que « ce n’est pas le moment» d’en faire. Toutefois, il a précisé que beaucoup de ce qui a été promis sont faits.

Et le Ministre d’ajouter : « Nous sommes en action. C’est beaucoup quand on est dans l’action ; ce n’est rien quand on ne fait rien. Sur tous les plans, beaucoup a été fait, même sur le plan de la corruption : beaucoup de textes ont été relus. Ce n’est pas le Gouvernement qui envoie en prison, c’est le juge. Nous faisons en sorte que le procès soit perméable».

A en croire le Ministre, il n’est pas question de minimiser les efforts du Chef de l’Etat, Son Excellence Ibrahim Boubacar Kéïta, pour le Mali paisible et émergent, face au terrorisme dont la présence remonte aux années 2000, a changé la vie du pays.

« Le Président de la République s’est battu et se bat pour le Mali. Il a fait face et continue de faire face aux défis », a explicité le Ministre Coulibaly.

Quant à la candidature du Chef de l’Etat sortant aux élections présidentielles de 2018, l’invité de nos confrères d’Africable a laissé entendre : « Le problème de se représenter lui appartient. Le Président a commencé la reconstruction du Mali, qui n’est pas terminée. Il faut continuer ».

Défection de la CMP

Sur le sujet, le Ministre s’est vêtu de la casquette du « Président de l’UDD », avant de répondre : « Nous ne sommes pas des ralliés. Nous avons soutenu IBK dès le premier tour. Une chose est sûre, c’est que nous avons des projets d’organisation qui seront connus au moment venu. La manière de conduire les contradictions politiques et sociales frise le moral sur la place publique. Ce qui refroidit l’ardeur de certains pour les débats politiques ».

Ce qui sous-tend que ceux qui quittent la Convention de la Majorité Présidentielle sont ceux qui l’avaient rejoint non par conviction, mais par opportunisme.

Cyril ADOHOUN

Source: lexpressdumali.com

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