Marche de vendredi : regard croisé des citoyens

Malgré l’annulation de la marche des Religieux par le Gouvernement, l’Imam Mahmoud DICKO fait appel à la Communauté musulmane à la marche pacifique prévue pour ce vendredi 5 avril 2019. Selon les organisateurs, l’objectif de ce meeting est d’exprimer au Gouvernement le mécontentement de la Communauté musulmane malienne face à la mauvaise gouvernance et aux massacres perpétrés au niveau des Régions du Centre du pays. De ce fait, notre journal a approché quelques citoyens. Lire leurs réactions !

Lanfia SINABA, Journaliste, Ecrivain

 Selon M. SINABA, le Gouvernement ne doit pas refuser cette marche. Vu l’évolution sociopolitique du pays, il serait plus responsable et plus judicieux de la part de l’Etat de les laisser marcher puisque c’est une marche pacifique.

«Je préfère ça. Sinon le contraire pourrait nous amener à des résultats qu’on ne souhaite encore pas pour le pays. En ces moments, il ne faut pas qu’on perde d’autres vies humaines en cas de dérapage », nous a confié  Lanfia SINABA avant d’ajouter, «Surtout que la marche intervient à un moment où il y a eu une précédente marche qui n’a pas eu lieu pour faute d’autorisation. Il faut reconnaitre qu’il y a un certain nombre d’amertumes accumulés. Donc, l’Etat ne doit pas refuser cette marche et il ne doit surtout pas considérer ceci comme une faiblesse. Mais, plutôt il y a lieu de tenir compte de la situation actuelle du pays. Ce qui fait qu’il faudra leur laisser marcher librement. Nous sommes à la recherche de notre pain quotidien, il ne faut pas qu’un autre problème vienne s’ajouter à ce que nous vivons déjà. On doit dépasser ce cap là. Le Premier  Ministre via le Gouverneur a interdit cette marche. Les Religieux pensent qu’il faut dénoncer maintenant les problèmes. Moi, je suis pour les dénonciations quand ça ne se fait pas sur les règles».

Issa DIALLO, Assistant de Gestion de Formation : «La marche de demain est intéressante parce que c’est le Représentant de la communauté musulmane et Président du Haut Conseil Islamique qui interpelle les musulmans. Donc, en tant que bon musulman, je dois répondre à son appel. Je compte bien participer à cette marche pacifique de demain; mais, malheureusement, j’habite loin du centre-ville de Bamako».

Souleymane DIARRA, ancien Commissaire de Police et Enseignant à la retraite : «Ils doivent se concerter pour un terrain d’entente. Je veux dire les Religieux et le Gouverneur du District de Bamako. Mais, moi, je ne participe à ce genre de choses parce que le problème des Maliens c’est qu’ils visent leurs propres intérêts. C’est un combat personnel. Donc, s’ils n’obéissent pas, il faut les mater tous».

Ladji SANGARE, Commerçant : «La vie de la nation est en danger ; car, récemment, les Religieux ont fait appel pour soi disant qu’ils vont prier pour le Mali. Mais une fois la foule est massivement arrivée sur place, ils ont failli faire révolter les gens contre le Gouvernement comme pousser le Premier Ministre à démissionner. Qu’est ce qui prouve que, cette fois-ci encore, ils ne vont pas faire la même chose en braquant les populations contre le Gouvernement ? Donc, je n’irai nulle part et je ferrai tout pour sensibiliser les gens à ne pas y aller. Ce n’est pas le rôle d’un bon musulman».

 

Mme Rokia DIALLO, Commerçante : «Cette marche est une bonne chose, je suis pour si ça peut faire revenir la paix au Mali ».

Nouhoum BALLO, Employé de Commerce : «On en a vraiment marre de ces marches qui ne servent à rien au finish et je ne trouve aucun intérêt à ça. Depuis le temps d’ATT, on ne fait que marcher et ça ne donne rien de bons résultats. En temps que leaders religieux, il y a plusieurs manières de solutionner ce problème. A savoir, entre autres, les prières et les pourparlers ».

Lassine DIARRA, Etudiant : «Je ne vais pas aller tout simplement parce que l’Imam Mahmoud DICKO appelle les populations à son propre nom et pas au nom du Haut Conseil Islamique. D’ailleurs, Je fais toutes mes courses aujourd’hui pour ne pas sortir demain ; car, on ne sait jamais».

Amadou CISSE, Commerçant : «Ce n’est pas le moment pour marcher ; les musulmans doivent être maintenant dans les mosquées pour prier et non pas pour marcher. Surtout ce vendredi qui coïncide avec la montée du Prophète Mahomet (P.S.L) au ciel. Moi, je pense que c’est de la politique pure. Je n’y vais pas ».

Réalisé par Aïssata DIARRA

source: lexpressdumali.com

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