Immixion flagrante de la religion dans le champ politique : Où se situent la démocratie et la laïcité ?

Tels des nuages, la crise politique-religieuse couve sur le Mali en quête effrénée de la paix définitive, de la cohésion interne et de la stabilité.

 

Il n’est même plus un secret de polichinelle au Mali. La demande expresse de la démission du Premier Ministre Soumeylou Boubèye Maïga par les Religieux du HCIM présage ne présage rien de bon. Clairement, il s’agit là d’une profonde crise qui s’annonce impitoyable entre le pouvoir politique et les milieux religieux du Mali.

De par les déclarations fracassantes des leaders religieux réunis au Stade du 26la, la date du 10 février 2019 sera, à son tour, gravée dans les annales l’Histoire sociopolitique du Mali de l’ère démocratique. Certes, le Président Mahmoud Dicko a expliqué qu’au-delà de la prière «pour mon pays» il n’y a aucun agenda caché. Mais, à leur entendre sous l’angle politique, ses déclarations et le message de Bouyé Haïdara dissimulent  mal leurs intentions à l’égard du pouvoir de Bamako.

«Le problème de notre pays, c’est un problème de gouvernance. Ce meeting est aussi l’occasion de le souligner. Il faut aussi que les uns et les autres se parlent», a souligné l’Imam Dicko.

Le point d’orgue de ce meeting sera marqué par les propos du Chérif Bouyé Haïdara à travers son messager qui rapporta fidèlement la parole du maître (Bouyé) en ces termes: «Je serais contre ton Régime jusqu’à ce que tu te débarrasses du Premier Ministre Soumeylou Boubèye Maïga».

Le Président du HCIM, sur un ton péremptoire, menace le Régime d’IBK : « S’ils ne comprennent pas ce que le Cherif vient de dire, nous allons leur faire comprendre autrement. Aussi, on va leur demander de dégager».

Depuis l’Allemagne où il a effectué une visite officielle de 72 heures, le Président Ibrahim Boubacar Kéïta remet les détracteurs du Premier Ministre Soumeylou Boubèye Maïga à leur place. Interrogé sur ses rapports avec ce dernier, le Chef de l’Etat malien a été on peut plus clair : «Dans une démocratie de bonne lois, il (SBM) est Président de la majorité. Non, non, il n’y a pas de problème, il n’y a pas. L’ombre d’une feuille de papier qui nous sépare, c’est mon choix. Soumeylou Boubèye Maïga fait correctement son travail, il est jeune par rapport à moi et c’est un Homme politique qui a relevé beaucoup de défis notamment celui de l’organisation l’élection présidentielle».

Aux lendemains de l’exhibition des 50 millions de FCFA que le Gouvernement SBM a donné pour l’organisation de cette prière, mais refusés par Mahmoud Dicko, Soumeylou Boubèye Maïga est resté intraitable sur la question d’une éventuelle déstabilisation du pays.

«Nous ne devrons pas perdre de vue que nous sommes dans une démocratie. Ils se mettent quelque fois de marinière malicieuse et maligne. Je l’avais dit…, il y a des gens, chaque fois qu’ils sont vaincus sur un théâtre, changent de théâtre toujours avec de mêmes objectifs. Comme vous tous, j’ai vu la théâtralisation par rapport à l’appui que le Gouvernement s’est fait le devoir d’apporter son soutien à une prière destinée d’appeler à la paix et à la réconciliation. Franchement, on n’a vu rien de fondamental, … l’Etat a toujours soutenu toute initiative de citoyens qui disent agir pour la paix.

Quand l’Etat a été informé que le Haut Conseil voulait organiser une prière pour la paix et la réconciliation, nous avons fait ce qu’il fallait faire et quand nous avons appris que ce n’était pas une initiative unitaire, tout en maintenant le principe de l’appui, nous avons réduit le niveau de l’appui parce que même si c’est des citoyens, on les appuie franchement. On n’est pas plus impressionné que cela; comme je l’ai dit, souvent nous avons à faire à des acteurs hybrides qui poursuivent le même objectif politique sous différentes facettes, mais c’est le même objectif politique. Nous nous devons rester extrêmement vigilants par rapport à çà et si nos adversaires étaient aussi forts, nous ne serions pas ici. Tous ceux qui s’agitent sont des gens qui ont voté et fait voter contre nous, qui agissent et qui continuent d’agir contre nous et pensent trouver des interstices et des passages pour nous déstabiliser. Mais nous continuerons de faire face. Nous restons mobilisés, vigilants et déterminés à faire face à tous ceux qui peuvent éventuellement nous empêcher d’avancer… ».

En effet, force est de constater que la plaie entre le Pouvoir en place et certains Religieux musulmans maliens devient plus béante. Et si un terrain d’entente elle risque de devenir cancéreuse ; donc, intraitable, inguérissable.

 Face à cette détermination des Hommes appelés à servir dans les mosquées, le locataire de la Cité administrative de Bamako n’est pas prêt à lâcher du lest. Ce qui présage  un des rapports conflictuels entre le Régime en place et les Leaders religieux avec un avenir qui s’annonce sombre.

D.C.A

Source: le Soft

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